c Fiesta in Mexico | Mexican traditions and customs
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La cérémonie de Camerone

Camerone est un terme déformé : l’appellation exacte est Camaron dont la signification porte à controverses (écrevisse, crevette, nom d’arbre)
Tous les 30 avril, la Légion étrangère commémore la bataille de Camerone dans sa maison mère d’Aubagne, en Provence, comme elle le faisait à Sidi Bel Abbès, en Algérie, avant qu’elle ne regagne la France, le 24 octobre 1962. Cette cérémonie matérialise l’esprit de corps de cette troupe d’élite de l’Armée française mais pour autant elle ne s’officialise que tardivement.
La Légion étrangère est née le 9 mars 1831, par un décret signé de la main du roi Louis-Philippe. Formée d’étrangers, elle a vocation a servir en dehors de la Métropole. Elle fait d’abord ses preuves en Algérie puis connaît un intermède sanglant en Espagne où elle est prêtée. Après son retour en Afrique du Nord, elle combat avec distinction lors des campagnes de Crimée (1854-1855) et d’Italie (1859). Elle ne participe pas au début de l’expédition du Mexique (1862). Ses officiers adressent alors à l’empereur une pétition pour solliciter l’engagement de la Légion. Si cette violation de la voie hiérarchique leurs cause quelques désagréments, elle porte néanmoins ses fruits. Le 19 janvier 1863, ordre est donné à la Légion étrangère de mettre sur pied deux bataillons pour le Mexique où les forces françaises n’arrivent toujours pas à emporter la décision. Ils débarquent le 28 mars 1863. Le fait d’arme le plus fameux de la Légion dans cette campagne sera le combat de Camerone.
Ce n’est pourtant qu’en 1906 qu’aura lieu la première commémoration de Camerone. Elle se fait dans le petit poste de Ta-Lung au Tonkin, dans le nord de l’Indochine française, à l’initiative du lieutenant François, désireux d’apporter une plus grande cohésion à ses troupes par l’exaltation du combat de leurs glorieux aînés. C’est le général Rollet qui va faire de cette commémoration une des plus grande tradition de la Légion. Pour le centenaire de la création du corps qu’il commande, il choisit le 30 avril 1931 et non le 10 mars.

Une vision grandiose de la commémoration du centenaire par Pierre Bénigni. Avec le général Rollet (couvert de décorations), alors inspecteur de la Légion étrangère et en fond le monument au mort de la Légion, ramené de Siddi-Bèl-Abbès à Aubagne après l’indépendance de l’Algérie en 1962. Les légionnaires qui présentent les drapeaux au général portent des uniformes anciens. Par Pierre Bénigni.







A cette occasion la main de bois du capitaine Danjou, le chef de la Légion à Camerone, est sortie du musée. A partir de 1936, elle est présentée au public et le récit du combat est lu à haute voie. Cet article en est une version enrichie.

La main de bois du capitaine Danjou, conservée à la maison mère de la Légion étrangère, à Aubagne.

Le Second Empire à la recherche du prestige du Premier Empire
Le rétablissement de l’Empire, le 2 décembre 1852, s’accompagne d’un contrôle très strict des libertés publiques. La presse et les oppositions politiques sont complètement muselées. Napoléon III tente très vite de rétablir le prestige de la France dans le monde, tant pour asseoir la légitimité de son régime que pour répondre à la nostalgie, toujours vivace en France, des jours glorieux du premier Empire.
Il se pose en défenseur des catholiques. Sa première intervention consiste à rendre Rome au pape après sa prise par les nationalistes italiens (1849). Son souci de préserver les intérêts des catholiques à Jérusalem le pousse à entrer en conflit avec la Russie, protectrice des orthodoxes. L’alliance avec l’Angleterre débouche sur une action offensive avec la campagne de Crimée. Théâtre d’opération principal, celle-ci va donner son nom au conflit. Le siège de Sébastopol (28 septembre 1854 - 8 septembre 1855) va décider de l’issue de la guerre. Le traité de Paris (28 février - 30 mars 1856) met un frein provisoire aux ambitions russes dans les Balkans.
Napoléon III s’engage alors activement aux côtés des nationalistes italiens emmenés par le royaume de Piémont-Sardaigne. Lors de la campagne d’Italie (1859), qui rappelle celles du premier Empire, la France remporte les victoires de Magenta et Solférino. Néanmoins, horrifié par les pertes françaises, Napoléon III décide de ne pas poursuivre son avantage. Par le traité de Zurich, la majeure partie de la Lombardie va au Piémont mais Venise reste sous domination autrichienne. En contrepartie le Piémont doit céder la Savoie et Nice à la France après un plébiscite (24 mars 1860). L’unité italienne va se faire autour de Victor Emmanuel II, proclamé roi d’Italie le 17 mars 1861.
Sur le plan intérieur, le régime prend un tournant libéral à partir de 1860. L’opposition politique en profite pour se renforcer malgré la réussite indéniable du régime dans le domaine économique, avec un soutien efficace aux industriels et aux banquiers. Napoléon III et surtout son entourage cherchent donc une nouvelle aventure extérieure, propre à affermir un pouvoir vacillant.

L'Empereur Napoléon III

L'expédition du Mexique
(1861-1867).

Le contexte politique et diplomatique
De 1857 à 1860, le Mexique connaît une guerre civile qui oppose le parti conservateur de Félix Zuloaga au parti libéral de Benito Juarez. Le premier installe son gouvernement à Mexico, le second à Vera Cruz. Après sa reconnaissance par les Etats-Unis (6 avril 1859) et sa victoire de Calpulalpam, Juarez contrôle l’intégralité du pays (22 décembre 1860).
Cette période de troubles ayant épuisé les finances du pays, Juarez décide de confisquer les biens de l’Eglise et de suspendre le paiement de la dette extérieure, les principales puissances créancières envoient alors un corps expéditionnaire au Mexique pour faire valoir leurs droits.
700 royal marines britanniques, 6.000 Espagnols et 2.500 Français débarquent à Vera Cruz où ils sont aussitôt atteints par la fièvre jaune. Le commandant espagnol, le général Don Juan Prim, négocie leur installation sur des hauteurs plus salubres. Mais cette convention de Soledad légitime le gouvernement de Juarez. Les troupes débarquées ne sont alors plus des forces de police mais potentiellement des forces d’invasion.
Lors des négociations qui s’ouvrent sur le règlement de la dette, la France réclame des indemnités volontairement exorbitantes. En effet, Napoléon III veut profiter de la guerre civile aux Etats-Unis pour mettre en place un empire catholique au Mexique. 4.000 hommes supplémentaires arrivent sous le commandement du général de Lorencez. Il emmène avec lui un dissident mexicain réfugié auprès de la cour impériale à Paris. Celui-ci réclame le retour de l’ancien gouvernement. Cette provocation se double d’un déplacement inopiné des troupes françaises vers les hauteurs. La réunion d’Orizaba du 9 avril 1862 se solde par un échec. Les troupes anglaises et espagnoles rembarquent aussitôt. Le lendemain, le commandement français déclare les hostilités ouvertes, officiellement en raison des déprédations causées par les troupes juaristes.

La vitrine consacrée à la campagne du Mexique du musée de l'Empéri de Salon-de-Provence.(photo Empéri Multimédi@)

L'expédition du Mexique (suite)
(1861-1867)

Les opérations militaires
Le général de Lorencez prend le commandement et reçoit l’ordre de marcher sur la deuxième ville du pays, Puebla, dont la prise ouvrirait les portes de Mexico. Son armée ne compte guère que 6.000 hommes valides, appuyés par quelques batteries d’artillerie. Le 28 avril, les Français forcent le passage des monts Cumbres, à Acultzingo contre une force sensiblement égale.

Aculzingo, théâtre du combat des Cumbrès où le 99e de ligne défait l’ennemi.
Le Monde Illustré

Le 5 mai, ils se lancent à l’assaut de Puebla, défendue par des forces deux supérieures en nombre (12.000 hommes). Les murs puissants de la ville rendent la préparation d’artillerie française inefficace. Les assaillants subissent de lourdes pertes et la cavalerie mexicaine lance une contre-attaque de flanc. Les Français doivent retraiter vers Vera Cruz et ne doivent leur salut qu’à un déluge soudain.
Cet échec provoque un grand émoi en France. Pour laver cet affront un nouveau corps expéditionnaire de 30.000 hommes est dépêché au Mexique sous le commandement du général Elie Frédéric Forey. Le 19 mars 1863, le siège de Puebla commence. La garnison de la ville comporte désormais 15.000 hommes et les fortifications ont été renforcées. Le siège est marqué par des combats de rue acharnés.

La Seine débarque le bataillon égyptien du Soudan offert par le Sultan d’Egypte à Napoléon pour former la garnison de Vera Cruz.
L'Illustration, Journal Universel

Camerone : les circonstances
Les deux bataillons de la Légion étrangère ont débarqué à Vera Cruz le 28 mars 1863. Deux jours plus tard ils sont affectés à la sécurité de la route vers Puebla, vitale pour le ravitaillement du corps expéditionnaire français en train d’assiéger la ville. En effet, les convois sont régulièrement accroché par les forces juaristes locales.
Le 29 avril, le colonel Jeanningros est informé qu’un important convoi s’apprête à partir pour Puebla avec l’artillerie de siège nécessaire à la réduction de la place et des fonds importants. Comme toujours bien informé, l’ennemi décide de monter une embuscade de grande ampleur.
Le 1er bataillon de la Légion étrangère, installé à Chiquihuite affecte deux compagnies, fort diminuées, à l’escorte du convoi. Informé d’une probable embuscade sérieuse, le colonel Jeanningros décide d’envoyer une compagnie à la rencontre du convoi. La mission échoit à la compagnie de service, la 3e, mais son encadrement est décimé par la maladie la fièvre jaune (vomito negro). Le capitaine Danjou et deux autres officiers se portent immédiatement volontaires pour les suppléer.

Le lieutenant Galland au siège de Puebla.
Glyptographie par Marius Roy en 1889

Premiers affrontements
Les ordres du capitaine Danjou sont de pousser jusqu’à Palo Verde (35 km) puis de revenir. Il ne s’agit donc pas d’attendre le convoi en provenance de Vera Cruz mais de repérer, voire de disperser, les éventuels guérilleros. Les opérations menées les jours derniers par les cavaliers de la contre-guérilla du colonel Dupin font état d’une absence presque complète d’activité chez l’ennemi.
La 3e compagnie se rassemble vers minuit et demi à Chiquihuite. A deux heures et demi, elle fait halte une demi-heure à Paso del Macho, tenu par la compagnie du capitaine Saussier. Celui lui propose le renfort d’une section que Danjou refuse avant de reprendre sa route. Vers cinq heures le jour se lève. A sept heure, après avoir traversé le village désert de Camerone, Palo Verde est atteind puis dépassé. Repérés par quelques cavaliers juaristes dès leur arrivée à Paso del Macho, les légionnaires ont continué à progresser. Puis ils regagnent Palo Verde où ils font une pause au bord de la rivière pour se restaurer.

Détachement du régiment étranger.
Dessin exécuté au Mexique par le colonel Lahalle.


Alors que le café est en train de bouillir, le gros de la cavalerie mexicaine se présente à découvert. Le capitaine Danjou décide un repli immédiat. Son intention première est de se rapprocher de la compagnie de Saussier, à Paso del Macho. Un de ses hommes est blessé par un coup de feu en arrivant sur la route. Il adopte alors un dispositif similaire à celui de l’aller : une section de chaque côté de la route, une escouade en arrière-garde à cent mètres, une escouade et les deux mulets sur la route avec lui. Cette manœuvre inquiète le colonel Milan dont le gros des forces est installé à La Joya, au nord de la route. Il décide alors de faire anéantir la petite colonne par sa cavalerie. Danjou fait former le carré à ses hommes et attend que les cavaliers soient à quelques dizaines de mètres pour commander le feu.

Attaque d’un convoi français par la guérilla mexicaine.
Croquis du lieutenant Brunet, de l’artillerie de la Garde impériale.


La charge est brisée nette. Malheureusement, il a fallut laisser partir les deux mulets rendus fous par le bruit du combat. Tout le ravitaillement est perdu. Les légionnaires en profitent néanmoins de confusion dans les rangs ennemis pour traverser la route. Ils franchissent un talus et une haie de cactus. Mais l’obstacle ralenti à peine les poursuivants et il faut de nouveau former le carré.
Une salve aussi meurtrière que la précédente dispersent des assaillants cette fois moins déterminés. Plutôt que de rejoindre Paso del Macho, Danjou choisit alors de fixer l’ennemi en occupant Camerone. Une charge à la baïonnette aux cris de vive l’empereur permet aux légionnaires de se frayer un chemin à travers les rangs ennemis.
Ils se retranchent dans l’hacienda qui jouxte le village. Celle-ci est en très mauvais état. L’enceinte de 50 mètres sur 50 mètres est formée par un mur épais, haut de trois mètres, avec deux portes cochères à l’Ouest et une grande brèche à l’Est.

Le colonel Jeanningros, commandant le Régiment étranger au Mexique. Il finira la campagne général.

Une résistance acharnée
Vers 9 heures du matin, Après une démonstration de force, les Mexicains envoient un parlementaire d’origine française, le lieutenant Ramon Laisné, demander la reddition de la 3e compagnie. La capitaine Danjou refuse. Les cavaliers démontés lancent une première attaque maladroite mais doivent se retirer avec de lourdes pertes, handicapés par leur équipement trop lourd. Danjou jure de ne jamais se rendre et demande à ses hommes de faire de même. Ce qu’ils font avec ardeur. Il est tué d’une balle en plein poitrine en traversant la cour pour inspecter ses positions à 11 heures. Le sous-lieutenant Vilain prend alors le commandement. Dehors, un clairon sonne, accompagné par les roulements d’un tambour : peut-être est-ce le degueño, l’air joué par les Mexicains lors de l’assaut final du fort Alamo au Texas, le 6 mars 1836. Les attaquants ne feront pas de quartier.

Le convoi pour Puebla


Le colonel Milan renouvelle sa proposition de reddition sans succès. L’infanterie mexicaine prend d’assaut l’hacienda mais les défenseurs tiennent bon. Vers deux heures de l’après-midi, ils doivent abandonner le bâtiment principal où les Mexicains ouvrent maintenant le feu à travers des trous percés dans le plancher. Peu après, le sous-lieutenant Vilain tombe, touché d’une balle en plein front. Le sous-lieutenant Maudet lui succède, même s’il est désormais impossible de coordonner l’action des divers groupes de défenseurs.A quatre heures les légionnaires résistent encore. Les assaillants décident alors de les enfumer puis creusent des brèches dans les murs. Mais à cinq heure et demi, les défenseurs, réduits à trente, combattent toujours malgré la fatigue, la soif et la faim.
Exaspéré, le colonel Milan décide de lancer un assaut général. Il suspend l’attaque et fouette le courage de ses hommes qui submergent alors les douze derniers légionnaires. Quatre d’entre eux, dont le caporal Berg, sont pris vivants mais les huit autres se retranchent dans le hangar où ils tiennent encore une heure. Le sous-lieutenant Maudet et les 4 derniers légionnaires chargent à la baïonnette après avoir tiré leur dernière cartouche dans une salve dérisoire. L’officier est blessé à la jambe et à la hanche malgré le sacrifice du légionnaire Catteau qui se jette devant lui pour le protéger de son corps et tombe, criblé de 19 balles. Le caporal Maine et les deux autres légionnaires acceptent de se rendre à condition de conserver leurs armes et d’avoir leurs blessés soignés. Impressionné par leur courage, le colonel Angel Lucido Cambas, élevé en France, accepte. Le colonel Milan auquel on amène les survivants est surpris de leur petit nombre. Ce ne sont pas des hommes, ce sont des démons, s’exclama-t-il. 33 légionnaires sont morts et 31 faits prisonniers. Ils sont presque tous blessés, 19 mourront d’ailleurs en captivité. Les Mexicains ont plus de 300 tués et blessés.

Le capitaine Danjou fait jurer à ses hommes de ne pas se rendre. La fumée au plafond ne provient de l’incendie qui sera allumé dans l’après-midi seulement mais est dégagée par les fusils. Par Pierre Bénigni

Après le combat
Le sens du vent et l’éloignement ont rendu le bruit du combat inaudible depuis Paso del Macho. Le lendemain, la compagnie du capitaine Saussier ne trouve qu’un seul survivant : le tambour Laï laissé pour mort, blessé de sept coups de lance et de deux balles.
Le 13 juin, le colonel Dupin attaque le village de Cueva Pentada avec ses 150 cavaliers de la contre-guérilla et délivre le légionnaire de Vries. Le 28 juin près du village de Huatusco, renforcés par 123 légionnaires du 1er bataillon, ses hommes taillent en pièces des unités mexicaines ayant participé à la bataille de Camerone. Les troupes françaises trouvent à Huatusco la sépulture du sous-lieutenant Maudet, enterré avec les honneurs militaires par les hommes du colonel Milan. Confié à leur sœur par deux officiers mexicains, il n’a pas survécu malgré les soins prodigués. Quand l’un des deux mourra au combat deux ans plus tard, deux officiers de la Légion étrangère viendront ramener son corps à Huatusco et lui rendront à leur tour les honneurs.

Après la bataille, les Mexicains soignent de leur mieux les légionnaires.


Cette anecdote démontre le respect entre les ennemis, hormis quelques actes de représailles isolés. Les légionnaires font l’objet des mêmes soins que les Mexicains. Le 14 juillet 1863 à Cosmatepec, les 12 prisonniers survivants sont échangés contre le colonel mexicain Alba.
La plupart des survivants de Camerone vont recevoir des promotions et des décorations. Le caporal Maine et le caporal Berg sont faits sergents et bientôt sous-lieutenants. Le second se fera tuer en duel quelques temps plus tard. Le tambour Laï reçoit la Légion d’honneur. D’autres promotions sont accordées aux hommes du rang. Cinq d’entre eux sont faits chevaliers de la Légion d’honneur et six autres décorés de la Médaille militaire.
Cinq mois plus tard le colonel Jeanningros obtient de l’empereur l’autorisation d’inscrire le nom du combat sur le drapeau du Régiment étranger. Depuis tous les drapeaux et étendards de la Légion étrangère portent l’inscription Camerone 1863. En outre, Napoléon III prescrit que les noms de Camerone, Danjou, Maudet et Vilain soient gravés en lettres d’or sur les murs des Invalides à Paris

C'est dans une hacienda comme celle-ci, que le combat eut lieux. Remarquez les restes imposants de ses murs massifs.



Le 3 mai 1863, le colonel Jeanningros et ses hommes se contentèrent d’ériger une croix de bois avec l’inscription Ci-gît la 3e compagnie du 1er bataillon de la Légion étrangère. Elle fut remplacé par une colonne en dur avant la fin de la campagne. En 1892, un monument fut élevé par souscription à l’initiative d'Edouard Sempé, consul de France à Vera Cruz. Il porte l’inscription connut de tout légionnaire.
Son état de délabrement, incita le colonel Pénette, un ancien officier de Légion, lors d’une visite de recueillement en 1948, à œuvrer pour la construction d’un nouveau monument. L’accueil enthousiaste fait à ce projet, tant au sein de la Légion que parmi les plus hautes autorités mexicaines, déboucha sur une réalisation grandiose, où fut célébré le centenaire de Camerone. L’inauguration de l’ouvrage définitif eu lieu le 15 décembre 1965. Chaque année l’armée mexicaine vient rendre hommage, devant ce monument, aux hommes tombés ce jour-là, Français comme Mexicains. Des détachements français se joignent régulièrement à eux. Avec le temps cette cérémonie est devenu le symbole d’un rapprochement entre le Mexique et la France.


En guise de conclusion
Des combats comme celui de Camerone, la Légion étrangère en a livré des centaines. Celui-là prend une valeur dramatique en raison de la disproportion des forces et de la fin tragique des défenseurs. Il est choisit pour symbole presque par hasard puis est institué en tradition par le père spirituel de la Légion étrangère, le général Rollet. Il illustre à merveille le code d’honneur du légionnaire, toujours valable de nos jours et probablement rédigé en pensant à ce fait d’armes :
Légionnaire, tu es un volontaire servant la France avec honneur et fidélité.
Chaque légionnaire est ton frère d’arme quelle que soit sa nationalité, sa race ou sa religion. Tu lui manifestera toujours la solidarité étroite qui doit unir les membres d’une même famille.



Respectueux des traditions, attaché à tes chefs, la discipline et la camaraderie sont ta force, le courage et la loyauté tes vertus.
Fier de ton état de légionnaire, tu le montreras dans ta tenue toujours élégante, ton comportement toujours digne mais modeste, ton casernement toujours net.
Soldat d’élite, tu t’entraînes avec rigueur, tu entretiens ton arme comme ton bien le plus précieux, tu as le souci constant de ta forme physique.
La mission est sacrée, tu l’exécutes jusqu’au bout, à tout prix.
Au combat, tu agis sans passion et sans haine, tu respectes les ennemis vaincus, tu n’abandonnes jamais ni tes morts, ni tes blessés, ni tes armes.